
Il y a des formations qui nous apportent de nouvelles connaissances.
Et puis il y a celles qui changent profondément notre manière d'exercer notre métier.
Ma formation Montessori 3-6 ans fait partie de celles-là.
À cette époque, j'étais enseignante depuis plusieurs années.
J'aimais préparer mes séances, imaginer des activités et voir les enfants progresser.
Mais je ressentais aussi une frustration que je n'arrivais pas encore à mettre en mots.
J'avais parfois le sentiment que mon rôle consistait principalement à transmettre des savoirs.
À expliquer.
À montrer.
À guider.
À vérifier que les objectifs étaient atteints.
Et plus j'avançais dans mon métier, plus une question revenait.
Et si accompagner un enfant ne consistait pas uniquement à lui transmettre des connaissances ?
Je pressentais qu'il existait une autre manière d'être auprès des enfants.
Une posture qui leur laisserait davantage de place pour expérimenter, chercher, se tromper, recommencer, construire leurs propres découvertes… et devenir pleinement acteurs de leurs apprentissages.
C'est dans cet état d'esprit que je me suis inscrite à ma formation Montessori 3-6 ans.
J'espérais y découvrir une autre manière d'accompagner les enfants.
Je ne savais pas encore à quel point cette formation allait transformer ma propre posture d'enseignante.
Ce qui m'a le plus marquée, ce n'est finalement pas un outil ou une méthode en particulier.
C'est la posture de l'adulte.
J'ai compris que notre rôle ne consistait pas à être en permanence celui qui détient les réponses.
Que l'on pouvait préparer un environnement riche, observer avec attention, accompagner lorsque cela est nécessaire… puis savoir s'effacer.
Cette idée a profondément transformé ma manière d'exercer mon métier.
Non pas parce qu'elle diminuait le rôle de l'adulte.
Au contraire.
Elle lui demandait une présence différente.
Plus discrète.
Plus attentive.
Plus humble aussi.
Observer avant d'intervenir.
Faire confiance avant de corriger.
Accompagner avant de diriger.
J'ai réalisé que cette posture demandait parfois davantage d'exigence que la simple transmission d'un savoir.
Et, paradoxalement, c'est probablement ce qui m'a le plus fait évoluer professionnellement.
Cette rencontre entre les observations de Maria Montessori et les connaissances scientifiques actuelles m'a profondément passionnée.
Elle m'a aussi rappelé qu'avant toute théorie, il y a souvent une intuition.
Une intuition qui naît de l'observation, de l'écoute et de la confiance accordée à l'enfant.
C'est une idée qui me touche particulièrement.
Maria Montessori a su faire confiance à son intuition d'observatrice, bien avant que la science ne puisse confirmer ce qu'elle percevait déjà chez les enfants.
Cette confiance m'inspire encore aujourd'hui.
Elle me rappelle qu'il est essentiel de continuer à observer avec curiosité, à nourrir notre réflexion grâce aux recherches scientifiques, mais aussi à conserver cette part d'intuition qui fait la richesse de notre métier.
Une intuition qui ne s'oppose pas aux connaissances, mais qui s'enrichit d'elles.
Et je crois qu'il est tout aussi important de préserver une autre forme d'intuition : celle des enfants eux-mêmes.
Cette capacité naturelle à explorer, à expérimenter, à recommencer, à choisir ce qui les attire, à suivre leur curiosité et à construire leurs apprentissages à partir de leurs propres découvertes.
Trop souvent, nous cherchons à leur montrer le chemin avant même qu'ils aient eu le temps de le chercher.
Or, je suis convaincue que cette intuition est une richesse précieuse.
Notre rôle n'est pas de la remplacer par nos réponses, mais de créer les conditions pour qu'elle puisse continuer à s'exprimer, grandir et s'affiner.
C'est sans doute l'un des plus beaux enseignements que je retiens de cette formation.
Et c'est aussi l'une des convictions qui guide aujourd'hui chacun des projets de L'école de Mina.
Au-delà des contenus pédagogiques, ce sont aussi les personnes qui m'ont accompagnée qui ont marqué cette aventure.
Mes deux formateurs m'ont énormément apporté.
Ils m'ont aidée à reprendre confiance en mes compétences.
Au fil de mon parcours professionnel, j'avais parfois eu le sentiment que l'on soulignait plus facilement ce qui pouvait être amélioré que ce qui fonctionnait déjà.
Leurs retours étaient exigeants, mais toujours constructifs.
Ils savaient mettre en lumière les réussites autant que les axes de progression.
Cette manière d'accompagner m'a profondément rassurée.
Elle m'a permis de reprendre confiance dans mes capacités et d'oser croire davantage en ma propre pratique.
J'ai également beaucoup apprécié l'esprit de cette formation.
L'ambiance était à la fois familiale et profondément professionnelle.
On se sentait réellement accompagné.
Jamais jugé.
Il existait une véritable proximité avec les formateurs, sans que cela ne remette en question l'exigence de la formation.
Parmi les souvenirs que je garde de cette formation, il y a aussi les rendez-vous d'accompagnement proposés tout au long du parcours.
Dès que j'en ai découvert le principe, j'ai trouvé cette idée particulièrement juste.
Ces temps d'échange étaient entièrement consacrés aux apprenants.
Nous parlions de notre organisation, de notre rythme de travail, des difficultés que nous pouvions rencontrer, mais aussi de la manière de concilier la formation avec notre vie personnelle et professionnelle.
L'objectif n'était pas de revenir sur les contenus pédagogiques.
Il s'agissait avant tout de nous accompagner dans notre parcours, de nous aider à avancer sereinement, à prendre du recul lorsque c'était nécessaire et à trouver un équilibre pour apprendre sans nous épuiser.
J'ai trouvé cette attention portée aux apprenants profondément cohérente avec les valeurs défendues tout au long de la formation.
Car accompagner ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances.
C'est aussi prendre soin de la personne qui apprend.
J'ai également apprécié que cette formation fasse le choix de ne pas s'inscrire dans une logique de certification AMI.
Ce qui m'importait avant tout était la qualité de l'accompagnement, la richesse des contenus et la fidélité à la pensée de Maria Montessori.
J'ai toujours été sensible à l'une de ses convictions profondes : rendre cette pédagogie accessible au plus grand nombre.
Maria Montessori souhaitait que tous les enfants puissent bénéficier d'une éducation respectueuse de leur développement, quels que soient leur milieu social ou les ressources de leur famille.
Cette idée résonne profondément en moi.
Les certifications internationales représentent aujourd'hui un investissement important qui n'est pas accessible à tous.
J'ai apprécié que cette formation fasse un autre choix : proposer un enseignement exigeant, tout en restant financièrement plus accessible.
Permettre à davantage de professionnels, mais aussi de parents, de se former me semble pleinement s'inscrire dans cette volonté de rendre cette approche éducative plus largement accessible.
Avec le recul, je réalise que cette formation n'a pas été une finalité.
Elle a été le point de départ d'une réflexion qui continue encore aujourd'hui.
Elle m'a ouvert de nouvelles perspectives, donné de nouveaux repères et, surtout, une autre manière d'accompagner les enfants.
Elle m'a appris que transmettre est essentiel.
Mais que cela ne suffit pas toujours.
Accompagner un enfant, c'est aussi observer avant d'agir.
Respecter son rythme.
Préparer un environnement qui lui donne envie d'explorer.
Faire confiance à ses capacités.
Et accepter que certains des plus beaux apprentissages naissent lorsqu'il fait lui-même l'expérience des choses.
Depuis, j'ai poursuivi mon chemin en me formant à d'autres approches, notamment à l'école en nature.
Chaque formation est venue enrichir la précédente.
Aujourd'hui, je ne me définis pas comme une éducatrice Montessori.
Je ne me définis pas non plus par une seule pédagogie.
Je me reconnais davantage dans une posture.
Celle d'une adulte qui cherche à comprendre l'enfant avant de chercher à lui enseigner.
Cette formation m'a appris à croire davantage dans les capacités des enfants… et dans la force d'une posture d'accompagnement.
Et je crois que c'est cette manière d'être auprès des enfants qui inspire aujourd'hui chacun des projets que je développe au sein de L'école de Mina.
Si vous souhaitez découvrir la pédagogie Montessori ou approfondir les principes évoqués dans cet article, je vous recommande la formation Montessori 3-6 ans que j'ai personnellement suivie.
Au-delà des connaissances qu'elle m'a apportées, c'est une formation qui a profondément transformé ma posture d'accompagnante. J'y ai trouvé une équipe exigeante, bienveillante et profondément humaine, qui continue encore aujourd'hui d'inspirer ma pratique.